FABLE : Le gibbon Cahu et les trois bonobos

Publié le par Luc BOUTET

caricature.jpg

Il était une fois un gibbon, apparenté aux gauchus caviardus fabius, nommé Cahu, fin et intelligeant, brillant et retors, qui se lia d’amitié avec trois bonobos.

Ceux-là étaient cousins, de la tribu des socialus minus normalus, rusés et faquins mais possédant chacun une tare :

Le plus vieux, Holland’ko n’entendait rien.

Le plus jeune, Valls’ko ne voyait pas.

Le plus rusé, Mos’ko ne parlait jamais.

Une grosse rumeur de détournement de récolte secoua la réserve Médiapark où ils vivaient tous. L’émoi gagna l’ensemble du peuple des singes qui soupçonna le gibbon Cahu d’avoir amassé des réserves de fruits exotiques et de suaves racines. Il les aurait emportés hors du camp et dissimulés à la limite de la jungle.

Les Sages réunis un après-midi, en Assemblée, posèrent la question à Cahu : lui demandant s’il avait ou non caché un magot ?

Celui-ci jura sur son père, sa mère et sur tout le peuple des babouins, qu’il n’avait jamais, au grand jamais, eu de trésor illicite ! Parole de gibbon !

Le gouvernement des Sages singes avait une police occulte, qui enquêta.

Cahu, quelques semaines plus tard, accablé et traqué, fût contraint d’avouer sa faute.

Les trois cousins bonobos, amis de Cahu, hurlèrent à la trahison, maugréant que leur ami gibbon leur avait atrocement mentit, ce salopard !  

Mais des membres du Grand Conseil du peuple, de la tribu des uèmpus oppositionnus, se posèrent des questions et mirent en doute la bonne foi des trois bonobos.

Le plus vieux, Holland’ko, s’écria : " comment aurais-je pu savoir, je n’entends pas ? ".

Valls’ko, avec la fougue de sa jeunesse, démentit être au courant, arguant du fait qu’il ne voyait rien.

Le plus rusé, Mos’ko, ne dit pas la vérité puisqu’il ne parlait pas.

Les Sages firent fouiller toutes les cases et décidèrent que, désormais et jusqu’à dorénavant, tous les chefs de tribus, une fois élus, devraient déclarer toutes leurs réserves de fruits et de délicieuses plantes.

 

Pendant ce temps, observant toutes ces manigances, une femelle lémurien, Lepen’ko, se grattait sous les aisselles et riait bien, sous cape, jurant ne rien savoir, alors qu’un ami, macaque savant, appelé Maître Pénin’ko, qui savait, lui avait tout raconté.

Près d’elle, un vieux mandrill, socialus historiqus défroqus, Mélanch’ko, éructait, en se tripotant.

Le reste de la jungle n’en pouvait mais.

Luc BOUTET

 

Publié dans BONNE BLAGUE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article