THEMIS EST-ELLE MALADE ?

Publié le par Luc BOUTET

 

La Justice fait débat, c'est le moins que l'on puisse dire.

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Les sondages le démontrent tous, au fil du temps, unanimes, les Français, à tort ou a raison, ne font plus confiance à leur Justice.

Ils ne la comprennent plus.

Souvent à l'issue d'un procès d'Assises, les caméras de Télévision se braquent sur la famille de la victime et les amis du mis en cause. 

Les deux parties sont en véritable opposition sur tous les aspects de la procédure et les conclusions à en tirer, mais ils sont unanimes pour dire : "Il n'y a plus de Justice en France !".

Bien sur c'est excessif. Ces propos, prononcés sous l’émotion du procès et le choc du prononcé du verdict qui vient de tomber. Leurs opinions  procèdent de l'émotionnel. En réalité, il faut le souligner, la Justice "au quotidien " traite des milliers d'affaires et fonctionne pas si mal que ça.

Les médias ne s'intéressent principalement qu'aux faits divers sanglants et horribles. Plus c’est trash plus cela fera d’audience. Le plus souvent les journalistes "forment" l'opinion, désignant, bien avant les Juges et les jurys, le coupable.

Le journaliste n'est ni coupable ni responsable, il ne fait qu'apporter à la "vox populli", à son auditoire, ce qu'ils veulent voir, entendre et lire. Ils réclament un coupable et la presse leur livre, près à pendre. Rien de nouveau sous le soleil, la foule à toujours aimé lapider en place publique. Et vite !

Les médias ne sont pas les seuls à mettre en cause ! Les hommes politiques doivent prendre leur parts de responsabilité. 

Quand un meurtre est commis, que le corps d'une jeune fille est retrouvé sans vie, à des fins électoralistes, le Président de la République, toutes affaires cessantes, vient s'incliner sur la dépouille de la défunte et viens prodiguer à la famille l’expression de sa compassion, au nom de la nation tout entière.

Aussi horrible le crime soit-il, est-ce bien le rôle d'un Président de la République , ou d'un Ministre, de venir ainsi se montrer alors qu’il est en charge des « affaires » de la nation ?

Ce genre de sollicitude est plutôt l’affaire du Maire, voire du Député.

Et les "dossiers" du pays ne doivent pas être abandonnés, pour aller apporter la compassion à des citoyens, même gravement touchés par l'indicible.

Mais les familles et les amis ajoutent aussi au trouble général en organisant des "marches blanches", largement montrées par les médias compatissants, qui obéissent ainsi au voyeurisme le plus malsain. 

Certes, des citoyens ont parfaitement le droit de se rassembler pour se recueillir à la mémoire d'une victime. 

Autrefois, pour soulager un deuil on allait à l'église pour laisser son chagrin saillir. 

Mais généralement ces grandes "manifestations" spontanées s'accompagnent de slogans, de pancartes et de banderoles, revendicatifs.

Il arrive même qu'un coupable désigné soit  l'objet de l'ire de la foule, faisant fi de la "présomption d'innocence" dont il devrait bénéficier.

Dans ces conditions, la Justice a bien du mérite à rester sereine !

En cas de meurtre flagrant le Juge d'Instruction, qui commence juste son travail - qui sera nécessairement long pour être bien fait - est déjà placé sous pression. 

Comment la Justice peut-elle fonctionner sereinement ?

Dans toutes ses activités, la Justice est soumise à pressions. Des gouvernants. De l'opinion publique. Des médias. Des pouvoirs de la finance. Des associations de victimes. De tous les groupes de pression possible et imaginables. Et tous affirmant agir au nom de la Justice !

Une démocratie s'accompagne d'une Justice indépendante.

Le Juge ne doit pas dépendre du pouvoir exécutif. Ni pour sa nomination ou son avancement. Ni pour l'exercice de ses fonctions. Encore moins pour sa prise de décision. 

La séparation des pouvoirs, exécutifs, législatifs et judiciaires  est la règle d'or qui devrait figurer dans toutes les Constitutions des Etats de droit.

Il semblerait que Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice nouvellement nommée veuille s’inscrire dabs ce shéma et ne plus donner de consignes individuelles aux parquetiers.

Mais c’est toujours le mot d’ordre au … début ! Avec le temps qui s’écoule les bonnes résolutions s’oublient et, les "affaires" venant les mauvaises habitudes resurgissent.

Chassez le naturel il revient au galop. C’est bien connu !

Publié dans JUSTICE

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